dimanche 11 mai 2008

La rubrique ciné par Madame Michel n°2

(Ou comment utiliser ses dernières places de ciné avant d'être parents ...)

Vous connaissez sûrement ce jeu. Nous y avons joué juste avant de partir en Australie. Insulaire à ton insu, si tu n'avais que 5 objets à emmener avec toi, lesquels choisirais-tu ? C’est aussi une façon de conjurer le sort. Que prendre avec soi dans l’avion au cas où une tempête noie le cargo quittant le Havre et emportant avec lui tous les objets soigneusement empaquetés et sensés rendre la terre étrangère un peu plus familière ?


Si je jouais aujourd’hui à ce jeu avec des réalisateurs de Cinéma, j’ajouterais Fatih Akin à la liste des 5 réalisateurs à prendre avec moi dans ma valise en cas de séjour prolongé sur un île déserte. Les autres réalisateurs seraient Alfred Hitchcock (Fenêtre sur cour), Woody Allen (Match Point), Gus Van Sant (Elephant), et Amos Gitaï (Free Zone). C’est ma petite sélection, mais n’hésitez pas à cracher dessus et à me donner la vôtre ! Je sais déjà que Dom ne sera pas d’accord, à vrai dire, dans la série qui m’aime me suive, je ne suis pas sûr d’avoir beaucoup de partisans. Les quelques fois où j’ai chaleureusement conseillé un film à un ami, il est revenu quelques jours après en me disant, mais c’est de la merde ton film. Ce fut le cas pour « Paris je t’aime » que oui j’ai aimé, ou « «Il est plus facile pour un chameau » de Valeria Bruni-Tedeschi lorsqu’elle n’était pas encore la belle-sœur de Sarko l’affreux.

Woody et ses lunettes / Elephant / Fatih Akin

Avec «De l’Autre Côté» (Auf der anderen Seite, dans la langue de Goethe), Fatih Akin signe le second volet d’un triptyque Naissance, Amour et Mort, ce second volet étant consacré à la mort. Le premier volet «Head-on», également magistral, était au sujet de l’amour. Quel plaisir de voir que le jeune cinéma allemand voyage jusqu’à Sydney ! A Paris, ce film était sorti il y a plus de 6 mois et je voulais déjà aller le voir ! Ce que j’aime chez ce réalisateur, c’est son coté très contemporain, il filme le monde tel qu’il est et y ajoute sa propre touche de poésie. Il puise dans l’Allemagne terre d’accueil ce qu’elle a de meilleur sans renier ses origines. Son film est très bien construit, lui-même en trois parties subtilement entremêlées, la dernière étant la plus pacifiée. Son goût pour la mise en scène est évident, rien qu’à voir le plaisir avec lequel il capte la lumière de Turquie et le charme incomparable d’Istanbul. Vivement le troisième volet du triptyque !


lundi 5 mai 2008

Soirée apéro / opéra à Sydney

Apero / opera night at Sydney


Nous vous avons déjà parlé de l'Opéra de Sydney, LE symbole architecural et culturel de la ville, superbe structure aux toits blancs en forme de voile ou de coquillage, chef d'oeuvre de l'architecte danois Joern Utzon qui abrite 4 salles de spectacle à la programmation variée et de qualité. La construction connut tous les malheurs possibles : un budget passé de 7 millions de dollars autraliens à 102, des travaux qui s'étalèrent sur 14 ans (1959-1973) au lieu des 4 années initialement envisagées, des fondations à reprendre en cours de route, une toiture défiant tous les calculs des ingénieurs structure et enfin la démission d'Utzon en 1966 ... Utzon aimait frôler les limites du possible, mais selon les ingénieurs de l'époque (qui travaillaient sans ordinateur) ses plans les franchissaient carrément et il fut nécessaire de s'y reprendre à plusieurs fois pour que la toiture tienne ! En résumé une belle catastrophe pour une réussite finalement majestueuse !!

Merci François pour la photo

We've already told you about the Sydney Opera House, THE architectural and cultural icon of the town, a superb structure with white roofs looking like shells or sails, masterpiece by Danish acrhitect Joern Utzon hosting 4 rooms for quality varied performances. The construction turned into a tragedy : the budget flew from AU$ 7 million to $ 102, the work lasted for 14 years (1959-1973) instead of 4 as initially forecasted, the foundations had to be rebuilt during the construction, the roof long remained a dilemna for the design engineers and finally Utzon resigned in 1966 ... Utzon liked to flirt with the limits of the possible but according to the engineers of the project, his drawings clearly went beyond limits and it proved necessary to go through many iterations to find a technically acceptable solution for the roofs ! As a summary, it was a complete disaster that hopefully turned into a majectic success !



Mais il était temps pour nous de profiter non seulement des plaisirs architecturaux mais également de l'excellente programmation de l'opéra. C'est vrai, il n'y a pas que les calculs de structure dans la vie (je vous laisse deviner l'auteur de cette phrase !).



But it was time for us to enjoy not only the architectural pleasures but also the very good performances offered by the Opera House. For sure, life is not only about structural engineering (I let you guess the author of this statement !).

Cédons donc aux charmes de Terpischore, la muse de la danse, le temps d'une série de 4 oeuvres du chorégraphe contemporain Jerome Robbins, dansées par l'Australian Ballet. Le spectacle s'ouvre sur un ballet arachnéen de facture relativement classique (sur un concerto de Stravinsky), puis se poursuit avec l'Après-midi d'un Faune (Debussy), des Suites de Bach pour Violoncelle où un unique danseur virevolte et se met à "friponner" avec la violoncelliste (!), et enfin une joyeuse fantaisie comique sur des pièces variées de Chopin. Au total un magnifique panaché, joyeux et parfois irrespectueux, qui donne un goût de revenez-y ! Merci les frangins pour votre cadeau de Noël !


Let's surrender to the charms of the muse of dance Terpischore for the time a 4-piece performance by the contemporary choreographer Jerome Robbins, danced by the Australian Ballet. The performance begins with a spider-like ballet, quite classical, on a concerto by Stravinsky. Then it goes on with the Afternoon of a Faun (Debussy), Bach's Suites for Cello solo where a solo dancer spins round and becomes flirtatious with the cellist (!), to finish with a joyful comic fantasy on Chopin's opus. A superb panaché, full of joy and sometimes disrespect, that makes us want some more. Thank you brothers and sisters for your Christmas present !