Quelques photos de mon nouveau bébé, en béton et en acier celui-là, pas un qui se réveille en pleine nuit pour demander un biberon, pas un dont il faut changer les couches sales, mais pas un non plus à qui on peut faire des bisous, bref, vous l’avez compris (ou pas): un nouveau pont a vu le jour ! Lentement mais surement, puisque j’ai commencé à travailler dessus depuis Mai 2008, alors qu’il a été ouvert à la circulation il y a à peine 3 semaines. La période de gestation des ponts est certainement plus longue que celle des femmes!
Voici donc un petit portfolio de photos du nouvel Iron Cove Bridge, deuxième pont dont j’ai eu l’honneur et l’avantage d’accompagner la naissance, après le Sheahan Bridge. Pont des villes (Iron Cove Bridge), en plein cœur de la city, contre pont des champs (Sheahan Bridge), au milieu des vaches, à mi-chemin entre Sydney et Melbourne.
Vue du pont terminé, le nouveau pont en béton duplique son ancêtre, en treillis métallique, à l’image des ponts aériens du métro parisien
L’une des mes taches majeures sur ce projet: la conception du “nez” bleu, attache à l’extrémité du pont, et nécessaire uniquement pendant la phase de construction, lors du “poussage”, puisque le pont est construit par morceaux sur la rive, et pousse peu à peu jusqu’à ce qu’il atteigne l’autre rive. Le modeste nez bleu pèse 75 tonnes d’acier et mesure 32m de long.
Phase initiale: le levage du nez a la grue. Autant dire que dans ces moments là, on revérifie 4 fois ses calculs histoire d’être sûr que les points d’attache sont suffisamment solides, et que le modeste nez de 75 tonnes ne va pas tomber sur les braves ouvriers en dessous...
Le nez a été fabriqué en Chine, car même si notre projet pénalisait de 20% tous les produits importés (histoire de protéger les produits “proudly aussie made”), les nez Chinois restent deux fois moins chers que les nez Australiens. Aux Etats Unis, l’American Act impose que tous les produits en acier soient fabriqués sur le sol américain. Qui a dit que les USA étaient les chantres du libre-échange? Le libre-echange, c’est bon pour les autres mais pas pour l’oncle Sam.
Vue du pont en cours de poussage, avec le Sydney Harbour Bridge au loin
Vue du pont en cours de poussage, avec les lignes de flotteurs pour guider les plaisanciers au travers de piles de pont
Les ouvriers Freyssinet, aux prises avec un vérin de 750 tonnes pour la mise en tension des câbles de continuité.
Photos de classe à l’intérieur du pont. Ne me cherchez pas, je suis un col blanc, planqué dans les bureaux, et rarement sur chantier, donc je n’ai pas de belle chemise orange toute crottée comme les gars de chantier







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